Silence and Soul - Richard Kelley Zoom

Silence and Soul

Richard Kelley

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50x75
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60x90
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80x120
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100x150
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Contrecollage
Dibond 2mm
barres
accrochage
Caisse Américaine
Bois Noir
Impression plexi
Type "Diasec"
Chassis rentrant
À partir de

650,00 €

LieuWatkins Glen Circuit, USA
Nombre de tiragesEDITION TRÉS LIMITÉE : 8 tirages SEULEMENT
Date de la prise de vue6 octobre 1973
Support originelNégatif
FormatVertical
Périodes1960-1980
CouleursNoir&Blanc
CollectionRare
Richard Kelley
Richard Kelley

Je suis tour à tour photojournaliste, écrivain, communicateur et historien.

Je gravitais autour des œuvres de W. Eugene Smith, des photographes de Magnum; Henri Cartier-Bresson, et Joseph Koudelka. Leur approche commune est devenu mon mantra: faire des images qui racontent une histoire; se retirer; disparaître; laisser de côté la vanité; et faire des images émotionnelles et élégamment composées qui pointent vers une vérité à propos de votre sujet.

J'ai commencé mon travail sur la Formule Un en 1972, juste neuf mois après avoir commencé à faire des images.

Bien que mineur, je fus en mesure d'obtenir une accréditation complète pour le Grand Prix des Etats-Unis à Watkins Glen. Je fus immédiatement embarqué dans la vie trépidante, dramatique et tangible de la voie des stands et ses images fascinantes. De 1972 à 1984, j'ai capturé les moments intimes des conducteurs qui ont combattu pour survivre en F1, à une époque qui était en train d'imposer les changements les plus importants aux pilotes, aux voitures et à la technologie dans l'histoire des Grand Prix.

Dès le début, il était clair que ces développements technologiques influençaient l'esprit, la passion et le courage que j'enregistrais à ce moment-là, et je décide alors d'adopter le style de Cartier-Bresson et de devenir "une mouche sur le muret"; obtenir d'aussi près que je pouvais ces morceaux d'histoire, sans influencer l'émotion ou le drame du moment.

Je reculais consciemment et ne suis pas allé à la recherche de moments; Je les ai attendus, jusqu'à ce que ces moments me forcent à faire une image. Et, comme par hasard, j'ai vu et enregistré des moments cachés qui sont devenus des incidents pivots dans l'histoire des Grand Prix.

Après un poste au Chicago Tribune et aux Observer Newspapers à Detroit, j'ai commençé une collaboration de 20 ans avec Car and Driver Magazine, parcourant le monde pour fournir la matière pour plus de 600 articles de fond et de nombreuses couvertures.

Cependant, je poursuivais toujours des projets photographiques personnels, la capture de la condition humaine en dehors de mon travail de presse.

J'ai aussi élargi mes prestations photographiques en fournissant un contenu créatif pour les médias et illustrer des documents marketing pour plusieurs des plus grands constructeurs automobiles mondiaux, installés aux États-Unis. Parmi ces clients: Audi, Mazda, BMW, Volkswagen, Porsche, Ford, General Motors, Kia, Subaru, et Jaguar.

J'ai adapté mon travail photographique pour y inclure l'écriture et l'édition en 1998.

En 2001, j'ai rejoint Mitsubishi en tant que directeur des relations avec les médias, ait contribué au lancement de la Lancer Evolution 8. Je suis devenu directeur du sport automobile en Amérique du Nord en 2003, remportant le titre national constructeur Open Class du SCCA Pro Rally Championship avec la nouvelle Evo. De là, je suis allé assurer la gestion des relations publiques pour une autre société multinationale automobile japonaise pendant encore huit ans ...

Tout au long de ces décennies, je ne pouvais pas oublier mes images intimes de Grand Prix que j'avais capturées en étant une "mouche sur le muret" dans le monde de la Formule Un.

Donc, je me suis mis en accord avec mon âme avec cette collection de photographie documentaire de Grand-Prix encore jamais publiée. Je crois qu'elles offrent des images uniques de pilote et d'athlètes incroyables à propos de moments qui ont changé leur vie à jamais.

La présentation initiale de mes images a eu lieu à l'automne 2013 à Hong Kong, grâce à une exposition organisée par Blackbird Automotive et en collaboration avec le 50e anniversaire de McLaren. Ma collection et mes mémoires deviendront la base d'un livre à paraître dans un avenir proche.

Je suis également retourné à la création de nouvelles œuvres numériques, à la fois monochrome et couleur, selon les affectations récentes de rédactions et de projets sportifs personnels qui à nouveau me permettent d'enregistrer la Comédie humaine, la lutte et la grâce, avec toute son émotion, patine et nuance, comme l'influence croissante de Macao sur la Formule Un.

Et comme avant, je profite d'une aventure créative vécue telle "une mouche sur le muret."

Merci de m'accompagner dans ce voyage qui se poursuit.

le texte original est en anglais

François Cevert était un parisien cultivé, poli et doué pour la musique, devenu incroyablement rapide et fluide avec une  Formule 1. Il a remporté son premier Grand Prix en 1971, mais sa saison 1972 a été décevante. Néanmoins, la petite équipe de Ken Tyrrell l'a soutenu comme quelqu'un de la famille. En 1973, il était en pleine ascension. Il avait appris les petits secrets de la course professionnelle de la bouche même de son coéquipier et grand ami, Jackie Stewart et découvert les avantages de la vie d'un pilote de Formule 1, grâce notamment à Brigitte Bardot. Pas un autre pilote de cette époque a mieux que lui combiné un style de vie "pied au plancher" avec autant d'intelligence, certain de son talent à devenir le futur Champion du Monde.

Ainsi, François Cevert était sur les marches de la gloire ce 6 Octobre 1973 à l'US Grand Prix de Watkins Glen. Il allait hériter du baquet de Jackie Stewart chez Tyrrell-Ford, et a prévenu Ken Tyrrell qu'il allait mettre sa voiture en pôle. J'avais fait quelques clichés vraiment expressifs de lui en 1972, et voulais essayer d'en capturer un peu plus au Glen. Je savais qu'on en aurait besoin en 1974. Je me souviens être debout près de lui ce matin-là dans les garages; il semblait très heureux ... il prit la main d'Helen, la femme de Jackie, pour une forte et amicale accolade. Il semblait plus grand que la vie.

Au début des essais, je tournais dans le stand Tyrrell, et remarquais que François était soudainement devenu pensif et beaucoup plus calme. Il avait quelque chose en tête. J'ai fait une série d'images, de lui seul songeur, les doigts sur son menton. Je me suis alors positionné à 90 degrés sur la gauche, pour me tenir à l'arrière du garage Tyrrell, avec Helen Stewart à ma gauche. J'ai mis une plus grosse optique pour mieux isoler les trois hommes et attendu pour voir si les choses allaient changer. Il y eut d'abord Ken Tyrrell puis plus tard, Jackie Stewart et Derek Gardner penchés vers lui, en grande conversation à propos de son set-up.

Pendant que les hommes parlaient, j'ai pris mon appareil photo et fait un portrait de François écoutant attentivement les idées de Jackie. J'en ai ensuite fait un autre, tandis que François me regardait directement dans les yeux pendant un long moment, puis une dernière image lorsque ses yeux rêveurs semblaient me traverser avec la distance. Trois portraits en tout et j'ai baissé mon appareil photo. Je ne pouvais plus en faire d'autres et ne pourrai jamais oublier ce que j'ai ressenti à ce moment, enveloppé dans un silence total, en le regardant avec son visage solennel.

En un instant, il a fini de se préparer et en levant les yeux vers Helen, lui souffla un baiser; puis visière baissée il a lentement rejoint la piste. Je voulais shooter des actions de lui passant par les Esses à l'arrière du circuit et j'ai commencé à marcher vers le point d'accès. A mi-chemin, je remarquai que les moteurs étaient devenus silencieux. Deux minutes seulement avaient passé. Quand je suis arrivé aux Esses, j'ai vu sa voiture à l'envers sur un rail de sécurité tordu. Heinz Klutmeier de Sports Illustrated a couru, bloquant mon chemin et murmurant: «... n'y va pas. Il est parti."

Je ne me souviens pas combien de temps je suis resté là à pleurer de façon incontrôlée. Face à l'horreur absolue, je ne pouvais pas arrêter de penser à son trouble, ces quelques instants auparavant dans les stands et la signification réelle de ce que je l'avais vu dans ses yeux. Je l'avais vécu seul, ne pressentant pas ce qui allait se passer quelques instants plus tard. Je me suis senti envahi d'une indicible tristesse.

Sa dernière image me hante depuis 41 ans. S'il avait vécu, François aurait 70 ans au moment où j'écris ces lignes. Je crois qu'il aurait gagné plusieurs championnats du monde, et combien d'autres Grands Prix ? L'histoire des Grand Prix d' aujourd'hui serait différente, et il y réfléchirait sûrement avec ses enfants et petits-enfants. Il aurait été dans la musique, le vin et la vie.

Aujourd'hui, il serait l'un des géants du sport automobile français, racontant des histoires qui pourraient finalement être racontées. Je peux accepter que d'être un pilote de Grand Prix était son rêve et il a quitté ce monde en faisant ce qu'il aimait, mais je suis obligé de rappeler un ver de John Greenleaf Whittier que j'ai appris étant enfant.

"De tous les mots tristes de la langue et la plume, les plus tristes sont ceux-ci,"Cela aurait pu être."

J'ai fait cette image avec un Nikon FTN, et un f/2.8 Nikon 180mm, en utilisant de la Kodak Tri-X 400 ASA, au 1/250 de seconde à f/2,8, le matin du 6 Octobre 1973, au Grand Prix Circuit de Watkins Glen, NY, USA.

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